Zinguerie de toiture : à quoi sert chaque pièce et combien coûte sa rénovation en Île-de-France
La zinguerie regroupe toutes les pièces métalliques qui rendent une toiture étanche là où la couverture s'arrête : faîtage, arêtiers, noues, solins, closoirs, rives, chéneaux, gouttières, abergements de cheminée et sorties de toit. Elle se façonne en zinc, en cuivre, en aluminium, plus rarement en plomb en rénovation. Les gouttières posées se chiffrent au mètre linéaire : 35 à 85 € en zinc au national, 45 à 115 € en Île-de-France (fourchette nationale × 1,35, écart régional relevé par artisanfacture 2026). Une infiltration sur noue ou chéneau coûte 540 à 3 375 € à reprendre en Île-de-France. Sur les immeubles parisiens, le chéneau encaissé est le point à surveiller.

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Ce qu'est la zinguerie et qui la pose
La zinguerie désigne l'ensemble des ouvrages en métal façonné qui assurent l'étanchéité et l'évacuation des eaux aux points singuliers d'une toiture : partout où deux pans se rencontrent, où la couverture bute contre un mur ou une cheminée, où elle s'arrête au bord du toit. La couverture (tuiles, ardoises, zinc) évacue l'eau sur les surfaces planes ; la zinguerie prend le relais aux jonctions. Une toiture dont la couverture est saine mais la zinguerie fatiguée fuit quand même.
En Île-de-France, le métier est celui du zingueur-couvreur, ou couvreur-zingueur : la même entreprise pose la couverture et façonne le métal, parce que les toits de Paris sont eux-mêmes en zinc. Le zinc est le matériau dominant de la région, devant la tuile plate, la tuile mécanique et l'ardoise. Un couvreur parisien la fait lui-même, avec atelier de pliage et fer à souder. Sur les 2 460 entreprises de couverture de la région (Sirene), la mention « zinguerie » dans la raison sociale est fréquente et indique ce savoir-faire.
Le travail se fait en deux temps : façonnage à l'atelier ou sur le chantier (pliage, découpe, formage), puis pose sur le toit, par soudure à l'étain pour le zinc et le cuivre, par agrafage et joints pour les grandes longueurs qui doivent se dilater.
Les éléments de zinguerie et leur fonction
Une toiture en pente compte une dizaine de pièces de zinguerie distinctes. Chacune protège un point précis et se dégrade à sa manière.
| Élément | Où il se trouve | Fonction | Signe de défaillance |
|---|---|---|---|
| Faîtage | Ligne de crête horizontale entre deux versants | Ferme le sommet du toit contre la pluie et le vent, ventile les combles s'il est à sec | Tuiles faîtières descellées, mortier fissuré, bande de zinc soulevée |
| Arêtier | Angle saillant incliné entre deux pans (toit à quatre pentes) | Même rôle que le faîtage sur une arête inclinée | Tuiles d'arêtier glissées, mortier tombé |
| Noue | Angle rentrant entre deux pans | Reçoit l'eau de deux versants et la conduit à l'égout ; le point le plus sollicité du toit | Zinc percé ou usé par le ruissellement, débris accumulés, tuiles trop rapprochées |
| Solin | Jonction entre la couverture et un mur, une cheminée, une lucarne | Empêche l'eau de passer entre le toit et l'élément vertical | Mortier fendu, bande décollée, engravure ouverte dans la maçonnerie |
| Bavette | Sous le solin, sur la couverture | Renvoie sur les tuiles l'eau qui descend le long du mur | Bavette relevée, corrodée ou trop courte |
| Closoir ventilé | Sous les tuiles de faîtage et d'arêtier | Ferme l'espace entre faîtage et couverture tout en laissant l'air sortir | Bande décollée, déchirée par le vent, oiseaux ou guêpes dans les combles |
| Rive | Bord latéral du toit, côté pignon | Habille et protège le bord contre le vent et l'eau qui déborde | Bande de rive soulevée, tuiles de rive fendues, bois du pignon noirci |
| Chéneau encaissé | Canal intégré au toit derrière une corniche ou entre deux pans | Collecte l'eau au pied du versant sans gouttière apparente | Débordement, tache d'humidité sur la corniche ou le plafond du dernier étage |
| Gouttière | Suspendue à l'égout du toit, sur crochets | Collecte l'eau et la conduit aux descentes | Fuite aux soudures, pente inversée, crochets cassés, débordement |
| Abergement de cheminée | Pourtour complet de la souche | Ceinture la cheminée avec un solin amont (dérivation), deux solins latéraux et une bavette aval | Fuite au pied de la cheminée, souche humide côté combles |
| Sortie de toit | Passage d'une ventilation, d'un conduit, d'une antenne | Étanche le trou dans la couverture autour de l'élément traversant | Collerette fissurée, joint sec, tache autour du conduit |
Hiérarchie des risques : noue et chéneau d'abord, parce qu'ils concentrent l'eau ; abergement de cheminée ensuite, parce qu'il cumule quatre jonctions ; faîtage et rives enfin, parce que le vent les attaque. Une fuite se cherche dans cet ordre, comme l'explique le guide fuite de toiture : que faire en urgence.
Zinc, cuivre, aluminium, plomb : quel métal pour quelle pièce
Le zinc reste le métal de référence en Île-de-France, le cuivre est réservé aux bâtiments d'exception, l'aluminium gagne du terrain sur les gouttières de pavillons et le plomb subsiste en rénovation patrimoniale.
Zinc
Léger, facile à plier et à souder, il se patine en gris en quelques années et cette patine le protège. Il se dilate avec la chaleur : toute longueur importante reçoit un joint de dilatation, faute de quoi le métal se fend. Il craint le contact direct avec le cuivre (corrosion galvanique) et les écoulements acides de certains bois. Trois finitions existent : naturel, prépatiné (gris uniforme dès la pose, souvent exigé par l'architecte des Bâtiments de France en secteur protégé), et laqué.
Cuivre
Le plus durable et le plus cher. Il vire au brun puis au vert-de-gris. On le voit sur les églises, les hôtels particuliers et certains immeubles de Neuilly-sur-Seine. Il ne doit jamais être posé en amont d'un zinc : l'eau chargée d'ions de cuivre perfore le zinc en aval.
Aluminium
Léger, laqué dans la teinte voulue, sans soudure (assemblage par manchons ou profilé en continu formé sur place). Il convient aux gouttières de maisons individuelles en grande couronne, moins aux ouvrages complexes de noues ou d'abergements qui demandent une soudure.
Plomb
Très souple, il épouse les pierres de taille, les briques et les couvertures irrégulières. Il reste utilisé en rénovation pour les solins, les abergements et les noues des bâtiments anciens, à Versailles ou dans le Marais, où l'ABF impose le matériau d'origine. Sa mise en œuvre est réservée aux zingueurs formés et il ne doit pas alimenter une cuve d'eau de pluie.
Prix des gouttières et des reprises de zinguerie
Les gouttières se chiffrent au mètre linéaire posé, crochets et jonctions compris. En Île-de-France, la fourchette est celle du national majorée d'un tiers, le taux horaire d'un couvreur francilien s'établissant à 70 € contre 48 à 58 € ailleurs (artisanfacture 2026).
| Gouttières posées | France (€/ml TTC) | Île-de-France (€/ml TTC) |
|---|---|---|
| PVC | 15 à 70 € | 20 à 95 € |
| Aluminium | 30 à 105 € | 40 à 140 € |
| Zinc | 35 à 85 € | 45 à 115 € |
| Cuivre | 70 à 200 € | 95 à 270 € |
Sources : abctravaux, travaux.com, prix-pose 2026 ; coefficient Île-de-France 1,35 relevé par artisanfacture 2026, arrondi à 5 €.
Pour les autres pièces (noues, solins, faîtage, abergements), les prix ne se lisent pas au mètre de façon fiable : ils dépendent de la dépose des tuiles adjacentes et de l'accès. Le repère utile est celui de l'intervention : une réparation courante de solin ou de joint coûte 200 à 450 € en France, 270 à 610 € en Île-de-France ; une reprise complexe de noue ou de chéneau 400 à 2 500 € au national, 540 à 3 375 € en Île-de-France (travaux.com, mesdepanneurs 2026). Le diagnostic préalable avec déplacement se facture 150 à 300 €, soit 200 à 405 € en Île-de-France.
Exemple : un pavillon de Saint-Denis avec 24 mètres de gouttières à remplacer. En zinc, le devis se situe entre 1 080 et 2 760 € en Île-de-France (24 × 45 à 115 €), hors descentes et hors échafaudage. Ce dernier se facture 10 à 70 € par m² au national, 15 à 95 € en Île-de-France (Dolum, travaux.com, juillet 2026) : sur un pavillon, une nacelle ou une échelle sécurisée coûte moins cher qu'un échafaudage complet, et le couvreur doit le préciser.
Sur un logement achevé depuis plus de deux ans, le taux appliqué est de 10 %. Aucune aide publique ne s'applique à la zinguerie seule ; elle n'entre dans un dossier d'aides que si elle accompagne une isolation de toiture. Pour situer ces postes dans un chantier complet, voyez le prix d'une rénovation de toiture au m² et, pour une couverture entière en zinc, le guide toiture zinc : prix. Vous pouvez aussi demander des devis gratuits et sans engagement de plusieurs couvreurs de votre département pour une reprise de zinguerie.
Faîtage scellé ou faîtage à sec
Deux techniques existent pour poser les tuiles faîtières : le scellement au mortier, traditionnel, et la pose à sec sur closoir ventilé, devenue la règle sur les chantiers neufs et les rénovations complètes.
Faîtage scellé
Les tuiles faîtières sont posées sur un lit de mortier qui les cale et ferme l'espace avec les tuiles du dernier rang. Avantage : l'aspect traditionnel, apprécié en secteur protégé, et un bon maintien au vent tant que le mortier tient. Inconvénient : le mortier se fissure avec les cycles de gel et de dilatation (37 jours de gel par an à Changis, 41 à Versailles, Météo-France 2016-2025), l'eau s'infiltre, et les combles ne ventilent pas. Un faîtage scellé se refait tous les 15 à 25 ans selon l'exposition.
Faîtage à sec
Les faîtières sont fixées mécaniquement (vis ou clips) sur une lisse de faîtage, avec un closoir ventilé qui ferme le joint. Pas de mortier, donc pas de fissure ; l'air des combles s'évacue par le faîtage, ce qui limite la condensation sous l'écran de sous-toiture. La pose est plus rapide et le résultat plus durable ; la lisse et le closoir ajoutent un coût de fourniture, mais le temps de main-d'œuvre gagné le compense souvent.
Sur un toit de tuiles plates de grande couronne, le passage d'un faîtage scellé à un faîtage à sec est possible sans changer la couverture. En secteur protégé, l'ABF peut demander le maintien d'un scellement apparent ; un closoir sous un faîtage scellé est alors un compromis courant.
Chéneaux parisiens : le point faible des immeubles haussmanniens
Sur un immeuble haussmannien, l'eau du brisis en zinc ne tombe pas dans une gouttière apparente : elle est recueillie dans un chéneau encaissé, logé derrière la corniche de pierre, puis conduite à des descentes souvent encastrées dans la façade ou dans les cours. Ce dispositif est invisible depuis la rue et c'est son problème : personne ne le regarde.
Le chéneau encaissé cumule trois faiblesses. Il reçoit toute l'eau du versant et tous ses débris (feuilles des platanes, mousses des terrassons, gravats de cheminée). Il est posé sur un fond de planches qui pourrit si le zinc fuit, sans que rien ne se voie avant la tache au plafond du dernier étage. Et il est long : les joints de dilatation et les soudures sont nombreux, et une soudure qui lâche n'est détectée qu'à la première grosse pluie.
Le débordement est la panne la plus fréquente. Un chéneau bouché par les feuilles déborde vers l'intérieur, dans la maçonnerie de la corniche et le plancher haut du dernier étage, ou vers le trottoir sous forme de cascade. À Paris, 75,4 % des maisons datent d'avant 1970 (Insee RP 2022) et le parc d'immeubles est plus ancien encore : beaucoup de chéneaux ont été refaits une ou deux fois, avec des reprises au mastic qui bloquent la dilatation.
- Entretien : curage une fois par an minimum, en fin d'automne, avec vérification des crapaudines (grilles) en tête de descente. Sur un immeuble, cette prestation entre dans le contrat d'entretien de la copropriété.
- Contrôle : inspection des soudures et des joints de dilatation tous les deux ou trois ans, depuis le toit, par le couvreur de l'immeuble.
- Remplacement : quand le zinc est perforé en plusieurs points, le chéneau se refait en entier, avec son fond de planches. C'est un chantier d'échafaudage sur trottoir, avec autorisation de voirie, à voter en assemblée de copropriété.
Zone de vent 2 : ce que la norme impose aux fixations
L'Île-de-France est en zone de vent 2 (NF EN 1991-1-4, vitesse de référence 24 m/s), la deuxième plus faible des quatre zones métropolitaines. Les contraintes de fixation sont donc moins lourdes que sur le littoral (zones 3 et 4, où le DTU 40.21 impose la fixation de toutes les tuiles), mais elles existent.
En pratique, en zone 2, les rangs exposés sont fixés : tuiles de rive, d'égout et de faîtage, closoirs et bandes de rive agrafés, feuilles de zinc tenues par des pattes et non par le seul poids. Les rafales maximales relevées sur la période 2016-2025 atteignent 123 km/h en Seine-et-Marne, 109 km/h dans le Val-d'Oise et 107 km/h dans le Val-de-Marne (Météo-France, stations de Changis, Le Bourget et Saint-Maur ; non mesuré ailleurs), avec cinq à six jours par an de rafales à 80 km/h ou plus. Ce sont ces jours qui arrachent un closoir mal collé ou soulèvent une bande de rive simplement clouée.
La région est aussi en zone de neige A1, la plus basse : le poids de neige n'est pas dimensionnant pour la zinguerie. L'enjeu francilien est l'eau, pas la neige.
Points de contrôle d'un devis de zinguerie
Un devis de zinguerie se juge sur la précision des métrages et des matériaux. Huit points à passer en revue avant de signer.
- Le métal et son épaisseur pour chaque élément (zinc naturel ou prépatiné, aluminium laqué, cuivre), pas seulement « zinguerie ».
- Le métrage linéaire de chaque pièce : gouttières, chéneaux, noues, faîtage, rives, solins, avec le nombre de descentes et d'abergements.
- Le mode de fixation : crochets (nombre au mètre), agrafes, pattes, tasseaux, lisse de faîtage.
- Les jonctions : soudure à l'étain, joints de dilatation (nombre et position), manchons.
- La reprise de la couverture adjacente : dépose et repose des tuiles ou ardoises le long des noues et des solins, engravure dans la maçonnerie pour les solins.
- Le support : fond de chéneau en planches, voligeage sous le zinc, remplacement du bois pourri (prix unitaire).
- L'accès : échafaudage, nacelle ou échelle, autorisation de voirie sur trottoir en ville, évacuation des déchets.
- Les mentions administratives : TVA à 10 %, assurance décennale avec attestation à jour, délai d'intervention, conditions de paiement (pas d'acompte supérieur à ce que le devis justifie en fournitures).
Un changement de matériau ou de teinte visible depuis la rue (passer d'un zinc naturel à un aluminium laqué, par exemple) constitue une modification de l'aspect extérieur : une déclaration préalable est requise (code de l'urbanisme, article R*421-17 a), avec un délai d'instruction d'un mois, deux mois en secteur protégé où l'avis de l'ABF est obligatoire. Le remplacement strictement à l'identique en est dispensé hors secteur protégé. Le guide refaire sa toiture : déclaration préalable détaille la démarche.
Complétez la lecture avec le guide démoussage de toiture : prix, dont le curage des gouttières est le prolongement naturel, et retrouvez tous les guides sur l'accueil de Rénovation Toiture Île-de-France.
Questions fréquentes
- Quelle est la différence entre un chéneau et une gouttière ?
- La gouttière est un profil suspendu à l'égout du toit par des crochets, à l'extérieur de la façade. Le chéneau est un canal intégré à la toiture, posé sur une planche ou encaissé derrière une corniche, souvent invisible depuis la rue. Le chéneau collecte plus d'eau, mais un débordement se déverse dans la maçonnerie et non sur le trottoir : son entretien est plus critique.
- Combien coûtent des gouttières en zinc en Île-de-France ?
- Comptez 45 à 115 € par mètre linéaire posé en Île-de-France, contre 35 à 85 € au national (abctravaux, travaux.com, prix-pose 2026, coefficient régional 1,35). Le PVC va de 20 à 95 €, l'aluminium de 40 à 140 € et le cuivre de 95 à 270 € par mètre. Ces prix incluent les crochets et les soudures, pas les descentes ni l'échafaudage.
- Qu'est-ce qu'un closoir ventilé ?
- C'est une bande souple, en aluminium plissé ou en matériau synthétique, posée sous les tuiles de faîtage pour fermer l'espace entre le faîtage et les tuiles du dernier rang tout en laissant circuler l'air. Il remplace le scellement au mortier, permet au toit de respirer et ne se fissure pas. Il est obligatoire pour un faîtage posé à sec.
- Le plomb est-il encore autorisé en toiture ?
- Oui en rénovation, pour les solins, abergements et noues des bâtiments anciens, surtout en secteur protégé où l'architecte des Bâtiments de France peut l'exiger à l'identique. Sa souplesse épouse les pierres et les briques irrégulières. Il est proscrit au contact des eaux destinées à la consommation et son travail demande un zingueur formé.
- Que vérifier sur un devis de zinguerie ?
- Le métal et son épaisseur, le métrage linéaire de chaque élément, le mode de fixation (crochets, agrafes, tasseaux), le mode de jonction (soudure à l'étain, joint de dilatation), la reprise des tuiles ou du zinc adjacent, l'échafaudage, la TVA à 10 % et l'assurance décennale. Un devis qui ne distingue pas gouttières, noues et solins n'est pas comparable.
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