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Toiture Île-de-France Recevoir mes devis

Refaire la toiture d'une copropriété : qui décide, qui paie, comment le syndic s'y prend

En copropriété, la toiture est une partie commune (loi du 10 juillet 1965, art. 3) : sa réfection est votée en assemblée générale et payée par tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes (art. 10), y compris ceux du rez-de-chaussée. Une réfection à l'identique se vote à la majorité simple de l'article 24, une amélioration comme l'isolation à la majorité absolue de l'article 25. En cas de fuite, le syndic peut faire exécuter les travaux urgents sans attendre l'AG (art. 18). À Paris, où l'Insee RP 2022 ne compte que 9 549 maisons pour 1 125 472 résidences principales, c'est le cas général, sur un toit zinc facturé 95 à 420 €/m² en Île-de-France.

Mis à jour le 3 septembre 2026Prix et aides : état au 3 septembre 2026Île-de-France

Toits d'immeubles parisiens en zinc vus du ciel, combles brisés et cheminées

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La toiture est une partie commune, à Paris presque toujours

L'article 3 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 répute parties communes « le gros œuvre des bâtiments » et les éléments d'équipement commun. La toiture, la charpente, la zinguerie et les chéneaux en font partie, sauf clause contraire du règlement de copropriété, rarissime pour un toit. Conséquence : aucun copropriétaire, même celui du dernier étage, ne peut décider seul de refaire ou de modifier la couverture, et aucun ne peut s'exonérer d'en payer sa part.

À Paris, cette règle concerne quasiment tout le parc : l'Insee RP 2022 recense 1 125 472 résidences principales dont 9 549 maisons seulement. Le toit parisien type est un brisé en zinc à joint debout ou à tasseaux, avec terrasson à faible pente, sur un immeuble haussmannien ou faubourien de 10 à 40 lots. En petite couronne, la proportion d'immeubles reste élevée : 66,3 % des maisons des Hauts-de-Seine datent d'avant 1970, mais elles ne représentent que 84 313 logements sur le département.

Deux cas particuliers à vérifier dans le règlement avant toute AG :

  • un lot en dernier étage avec « jouissance exclusive » d'une terrasse ou d'un comble : la jouissance est privative, la structure et l'étanchéité restent communes ;
  • un ensemble de plusieurs bâtiments avec charges spéciales par bâtiment : la toiture du bâtiment B n'est payée que par les copropriétaires du bâtiment B.

Qui paie : la répartition aux tantièmes

Conservation, entretien et administration des parties communes se répartissent au prorata de la valeur relative du lot, soit les tantièmes de charges générales (art. 10 de la loi de 1965) : un lot de 50/1000 règle 5 % de la facture, un lot de 80/1000 en règle 8 %. L'étage n'y change rien, le rez-de-chaussée paie la toiture comme les autres.

Trois précisions utiles :

  • Les appels de fonds suivent le calendrier voté en AG avec les travaux : en général un acompte à la signature du marché, des acomptes à l'avancement, le solde à la réception.
  • En cas de vente entre le vote et le paiement, celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de chaque appel le doit, sauf accord contraire dans l'acte de vente. Les acquéreurs négocient souvent ce point sur un immeuble dont la toiture est votée.
  • Un copropriétaire bailleur ne peut pas répercuter une réfection de toiture sur son locataire : ce n'est pas une charge récupérable.

Quelle majorité en assemblée générale pour la toiture

La majorité dépend de la nature des travaux, pas de leur montant. La grille de l'ANIL et la loi de 1965 distinguent :

Nature des travauxMajoritéArticleComment elle se compte
Réfection à l'identique, entretien, réparation, remplacement du zinc usé par du zincMajorité simpleArt. 24Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance
Amélioration : isolation ajoutée, changement de matériau ou de technique, création de fenêtres de toit communes, travaux d'économie d'énergieMajorité absolueArt. 25 (et 25-1 pour le second vote)Majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non
Transformation lourde : surélévation, modification de la destination des combles, aliénation d'une partie communeDouble majoritéArt. 26Majorité des copropriétaires en nombre représentant au moins les deux tiers des voix
Diagnostics, mission de maîtrise d'œuvre, choix du devis, calendrier des appels de fondsMême majorité que les travaux auxquels ils se rattachentArt. 24 ou 25Votés en résolutions distinctes, à la même AG

Sources : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (Légifrance), ANIL « Travaux et majorités ».

Deux mécanismes évitent les blocages. Si une résolution à l'article 25 recueille au moins le tiers des voix sans atteindre la majorité absolue, l'assemblée peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité de l'article 24 (art. 25-1). Et les travaux nécessaires à la conservation de l'immeuble ou à la sécurité des occupants relèvent toujours de l'article 24, même coûteux : une toiture qui fuit se vote à la majorité simple. Les frontières entre « à l'identique » et « amélioration » se discutent parfois ; le remplacement d'une couverture par un matériau plus performant est le cas d'école qui bascule à l'article 25.

Fuite de toiture : le syndic peut agir sans attendre l'AG

L'article 18 de la loi de 1965 charge le syndic de la conservation de l'immeuble et l'autorise, « en cas d'urgence », à faire exécuter de sa propre initiative les travaux de sauvegarde. L'article 37 du décret du 17 mars 1967 encadre la suite : information des copropriétaires, convocation immédiate d'une assemblée générale, appel possible d'une provision plafonnée au tiers du devis estimatif sans attendre le vote.

Ce que couvre l'urgence : bâchage, reprise d'un solin ou d'une noue, remplacement de feuilles de zinc arrachées après une tempête, dégagement d'un chéneau engorgé, mise en sécurité d'une souche de cheminée. Ce qu'elle ne couvre pas : la réfection complète qui suit. La distinction est détaillée dans notre guide fuite de toiture : que faire en urgence. Les prix nationaux d'une intervention courante se situent entre 200 et 450 € (travaux.com, mesdepanneurs, 2026), soit 270 à 610 € en Île-de-France après coefficient 1,35, et de 400 à 2 500 € pour une infiltration complexe en noue ou chéneau (540 à 3 375 € en Île-de-France).

Le contexte climatique compte : la station Météo-France de Neuilly-sur-Marne enregistre 757 mm de pluie et 118 jours de pluie par an sur 2016-2025, la plus arrosée d'Île-de-France, contre 675 mm à Paris-Luxembourg. À Saint-Denis ou Vincennes, un chéneau encaissé non entretenu déborde plusieurs fois par an.

Fonds de travaux, plan pluriannuel et diagnostic technique global

Trois outils créés par les lois ALUR (2014) et Climat et résilience (2021) structurent le financement d'une toiture d'immeuble.

  • Fonds de travaux obligatoire (art. 14-2 de la loi de 1965) : depuis le 1er janvier 2017, le syndicat cotise chaque année au moins 5 % du budget prévisionnel. La loi Climat et résilience l'a étendu à toutes les copropriétés à destination d'habitation de plus de 15 ans, par paliers de 2023 à 2025 selon le nombre de lots, et fixe aussi un minimum de 2,5 % du montant des travaux prévus au plan pluriannuel. Le fonds est attaché aux lots et ne se rembourse pas à la vente.
  • Plan pluriannuel de travaux (PPT) : projet de plan sur 10 ans, obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 ans, mis en place progressivement entre le 1er janvier 2023 (plus de 200 lots) et le 1er janvier 2025 (50 lots et moins). Une toiture en fin de vie y figure en tête de liste, avec une échéance et une estimation.
  • Diagnostic technique global (DTG) : état de l'immeuble et de ses équipements, obligatoire dans certains cas (mise en copropriété d'un immeuble de plus de 10 ans, procédure d'insalubrité), facultatif sinon et voté à l'article 24. Il sert de base au PPT.

Quand le fonds ne suffit pas, l'AG vote un appel de fonds exceptionnel, un emprunt collectif souscrit par le syndicat (chaque copropriétaire peut y adhérer ou payer comptant) ou, pour un programme avec isolation, l'éco-PTZ copropriété.

Syndic, conseil syndical, devis et maître d'œuvre

Le syndic exécute les décisions de l'AG et ne décide rien seul hors urgence. Le conseil syndical assiste et contrôle : c'est lui qui, en pratique, prépare le dossier toiture avec le syndic entre deux assemblées. La chaîne habituelle :

  1. Constat : infiltrations récurrentes, zinc percé, voligeage pourri, ou échéance du PPT. Le couvreur habituel de l'immeuble ou un maître d'œuvre fait un état des lieux.
  2. Cahier des charges : surface, matériau (zinc à joint debout ou à tasseaux, ardoise sur brisis, tuiles), zinguerie, souches, lucarnes, châssis, écran, isolation ou non. Sans cahier des charges, les devis ne sont pas comparables.
  3. Mise en concurrence : l'article 21 de la loi de 1965 impose au syndic une mise en concurrence des marchés au-delà d'un montant fixé par l'AG. Le conseil syndical demande en général trois devis de couvreurs sur la même base, et peut solliciter un avis extérieur.
  4. Vote en AG : résolutions distinctes pour le principe des travaux, le choix de l'entreprise, la mission de maîtrise d'œuvre, le montant, le calendrier d'appels de fonds, l'affectation du fonds de travaux, et le cas échéant l'emprunt collectif et l'assurance dommages-ouvrage.
  5. Exécution : ordre de service, suivi, réception avec réserves, levée des réserves, dossier des ouvrages exécutés conservé par le syndic.

Le maître d'œuvre (architecte, économiste ou bureau d'études) n'est pas imposé par la loi. Sur un toit zinc de plusieurs centaines de m², il évite deux erreurs classiques : des devis non comparables (l'un avec dépose du voligeage, l'autre sans) et une réception bâclée. Sa mission se chiffre à part et se vote avec les travaux. Nos critères de sélection d'une entreprise sont dans le guide comment choisir son couvreur : assurance décennale à jour pour la couverture zinc, qualification, références sur des immeubles comparables.

Chantier à Paris et en petite couronne : échafaudage, voirie, ABF

Le coût d'accès pèse lourd sur un immeuble de six étages. Le poste échafaudage se situe entre 10 et 70 €/m² au national (Dolum, travaux.com, juillet 2026), soit 15 à 95 €/m² en Île-de-France, et se calcule sur la surface de façade échafaudée, pas sur celle du toit. Sur cour, un échafaudage suspendu ou un monte-matériaux peut remplacer une partie de l'échafaudage de pied.

  • Occupation du domaine public : un échafaudage sur trottoir à Paris ou dans les communes de petite couronne demande une autorisation de voirie à la mairie, avec une redevance calculée sur la surface et la durée. Le couvreur ou le maître d'œuvre la dépose ; le délai s'ajoute au calendrier.
  • Déclaration préalable : un remplacement strictement à l'identique en est dispensé hors secteur protégé ; tout changement d'aspect (matériau, teinte, châssis, rehausse pour isolation) relève de l'article R*421-17 a du code de l'urbanisme, délai 1 mois, 2 mois en secteur protégé.
  • Architecte des Bâtiments de France : abords de monument historique et site patrimonial remarquable (le Marais, le 7e, le centre de Neuilly-sur-Seine autour de ses monuments, Saint-Germain-en-Laye, Versailles). L'ABF peut imposer le zinc naturel ou prépatiné, la position des châssis côté cour, et interdire un bac acier. Le PLU bioclimatique de Paris (2024) encadre aussi la végétalisation et les matériaux.
  • Nuisances : information des occupants, horaires de chantier, protection des parties communes intérieures et des lots du dernier étage, gestion des gravats en zone dense.

À Boulogne-Billancourt, où les immeubles des années 1930 en toits terrasses côtoient les toits zinc, la réfection porte souvent sur l'étanchéité : 25 à 130 €/m² au national hors isolation (etancheite-toit-france, prix-pose, mai 2026), soit 35 à 175 €/m² en Île-de-France.

Assurance de l'immeuble : ce qu'elle paie et ce qu'elle ne paie pas

Le syndicat doit souscrire une assurance de responsabilité civile (art. 9-1 de la loi de 1965) et détient en général une multirisque immeuble. Elle indemnise les dégâts des eaux consécutifs à une fuite de toiture (plafonds, parquets, peintures des lots touchés) et les dommages d'un événement climatique (tempête, grêle), mais jamais l'usure : une couverture en fin de vie reste à la charge du syndicat. Après un sinistre, le syndic déclare dans les délais du contrat, fait chiffrer la mise hors d'eau d'urgence et distingue sur les factures la réparation du sinistre de la réfection.

Pour une réfection complète, l'AG peut voter une assurance dommages-ouvrage. Elle n'est pas obligatoire pour le syndicat, mais elle préfinance la réparation des désordres relevant de la garantie décennale du couvreur sans attendre une décision de justice. Vérifiez sur chaque devis l'attestation décennale de l'entreprise, pour l'activité « couverture zinc » ou « couverture » à la date d'ouverture du chantier.

Aides et TVA sur une toiture d'immeuble

Une réfection de toiture à l'identique, sans isolation, ne bénéficie d'aucune aide nationale. TVA à 10 % sur la couverture, la zinguerie et la réparation de charpente d'un immeuble de plus de 2 ans ; 20 % si le chantier remet à neuf plus de 50 % du gros œuvre. Le tableau complet est dans notre guide aides pour refaire sa toiture en 2026.

Si l'AG intègre une isolation (combles perdus sous terrasson, sarking sur brisis, isolation d'une terrasse) dans un programme de rénovation énergétique, la copropriété peut demander MaPrimeRénov' Copropriété : 30 % du montant HT des travaux pour un gain énergétique d'au moins 35 %, 45 % pour un gain d'au moins 50 %, plafonné à 25 000 € de travaux par logement, avec des bonus (10 points pour une sortie de passoire, 20 points pour une copropriété fragile) et des primes individuelles de 1 500 € pour les ménages modestes et 3 000 € pour les très modestes. Conditions : au moins 75 % de résidences principales (65 % pour 20 lots ou moins) et une assistance à maîtrise d'ouvrage. La ligne isolation passe alors à 5,5 % de TVA, avec ses travaux induits, et la prime CEE de 6 à 13 €/m² s'ajoute. Le vote de ces travaux d'économie d'énergie relève de l'article 25.

Exemple chiffré : toit zinc de 400 m² sur un immeuble de 20 lots

Un immeuble de rapport de 1890 dans le 11e arrondissement, 20 lots principaux, toit brisé en zinc à tasseaux de 400 m² développés, voligeage sain à 80 %, zinc percé par endroits et chéneaux encaissés fatigués. L'AG vote une réfection à l'identique (article 24) avec maîtrise d'œuvre.

  • Couverture zinc à joint debout : 70 à 310 €/m² au national (guide-toiture, Dolum, travaux.com, juillet 2026), soit 95 à 420 €/m² en Île-de-France. Pour 400 m² : 38 000 à 168 000 € TTC. La largeur de la fourchette tient à la part de voligeage remplacé, au nombre de lucarnes et de souches, et à l'épaisseur du zinc.
  • Dépose : 25 à 55 €/m² en Île-de-France, soit 10 000 à 22 000 €.
  • Échafaudage sur rue et cour : 15 à 95 €/m² de façade en Île-de-France. Pour 600 m² de façades échafaudées : 9 000 à 57 000 €, plus la redevance de voirie.
  • Gouttières et chéneaux en zinc : 35 à 85 €/ml au national, 45 à 115 €/ml en Île-de-France.

Répartition, en retenant à titre d'hypothèse un marché total de 120 000 € TTC, maîtrise d'œuvre comprise, dans la fourchette ci-dessus :

LotTantièmes (sur 1 000)Part du marchéMontant
Studio de service, 6e étage151,5 %1 800 €
Deux-pièces, 3e étage404 %4 800 €
Quatre-pièces, 2e étage757,5 %9 000 €
Local commercial, rez-de-chaussée909 %10 800 €

Sources : prix Dolum, travaux.com, guide-toiture, abctravaux (2026), coefficient artisanfacture 2026 ; répartition selon l'art. 10 de la loi de 1965. Montant total retenu à titre d'exemple, non issu d'un devis.

Pour les prix détaillés par technique de pose, voir le guide toiture zinc : prix au m² et, pour l'ensemble des matériaux, prix de rénovation de toiture au m². Vous pouvez obtenir des devis gratuits et sans engagement de plusieurs couvreurs de votre département pour préparer l'assemblée.

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Calendrier type d'une réfection de toiture en copropriété

  1. Mois 1 à 2 : constat par un couvreur ou un maître d'œuvre, inscription au PPT, information du conseil syndical.
  2. Mois 2 à 4 : cahier des charges, consultation de trois couvreurs au minimum, analyse comparative, vérification des assurances et qualifications.
  3. Mois 4 à 6 : convocation de l'AG (21 jours au moins avant la date, devis joints), vote des résolutions, notification du procès-verbal, délai de contestation de deux mois.
  4. Mois 6 à 8 : déclaration préalable si nécessaire (1 à 2 mois), autorisation de voirie pour l'échafaudage, appels de fonds, signature du marché.
  5. Mois 8 à 12 : chantier de 4 à 10 semaines pour 400 m² de zinc selon la saison (la station Météo-France de Paris-Luxembourg relève 14 jours de gel par an, à éviter pour la soudure du zinc), réception, levée des réserves.

Un immeuble d'Île-de-France qui découvre une fuite en novembre n'aura donc pas de toiture neuve avant l'été suivant : la mise hors d'eau d'urgence de l'article 18 sert à tenir jusque-là.

Questions fréquentes

Qui paie la toiture en copropriété ?
Tous les copropriétaires, au prorata des tantièmes de charges générales de leur lot (art. 10 de la loi du 10 juillet 1965), que le lot soit au dernier étage ou au rez-de-chaussée. Le toit protège l'ensemble du bâti. Seule exception : un règlement de copropriété qui rattache une toiture à un bâtiment précis dans un ensemble de plusieurs bâtiments, avec des charges spéciales. Un copropriétaire ne peut pas refuser de payer au motif qu'il n'habite pas sous les combles.
Quelle majorité pour voter une réfection de toiture ?
Majorité simple de l'article 24 (voix exprimées des présents, représentés et votants par correspondance) pour une réfection à l'identique, qui relève de la conservation de l'immeuble. Majorité absolue de l'article 25 (voix de tous les copropriétaires) si les travaux améliorent l'existant, par exemple une isolation ajoutée ou un changement de matériau. Si l'article 25 échoue avec au moins un tiers des voix, un second vote immédiat à l'article 24 est possible (art. 25-1).
Le syndic peut-il faire réparer une fuite sans vote ?
Oui. L'article 18 de la loi de 1965 l'oblige à pourvoir à la conservation de l'immeuble et, en cas d'urgence, à faire exécuter de sa propre initiative les travaux nécessaires à sa sauvegarde. L'article 37 du décret du 17 mars 1967 l'oblige alors à en informer les copropriétaires et à convoquer une assemblée générale sans délai ; il peut appeler une provision limitée au tiers du devis. Une bâche et une reprise de solin relèvent de ce cadre, pas une réfection complète.
Faut-il un architecte pour refaire une toiture d'immeuble ?
Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est l'usage sur un toit zinc parisien à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Un maître d'œuvre rédige le cahier des charges, compare les offres sur une base identique, suit le chantier et réceptionne les travaux. Sa mission se vote en AG avec les travaux. En secteur protégé, il prépare aussi la déclaration préalable et le dossier soumis à l'architecte des Bâtiments de France.
Le fonds de travaux peut-il financer la toiture ?
Oui, c'est sa raison d'être. Depuis la loi ALUR, le syndicat cotise chaque année au moins 5 % du budget prévisionnel sur un fonds de travaux obligatoire, généralisé à toutes les copropriétés d'habitation depuis le 1er janvier 2025 selon la taille. L'AG vote l'affectation du fonds aux travaux. Les sommes sont attachées au lot : un vendeur ne les récupère pas, l'acquéreur en bénéficie.
Une copropriété peut-elle toucher MaPrimeRénov' pour sa toiture ?
Uniquement si la réfection s'accompagne d'une isolation dans un programme de rénovation énergétique global avec un gain d'au moins 35 %. MaPrimeRénov' Copropriété couvre alors 30 % du montant HT (45 % pour un gain de 50 %), dans la limite de 25 000 € de travaux par logement, avec une assistance à maîtrise d'ouvrage obligatoire et au moins 75 % de résidences principales. Une réfection de zinc à l'identique n'ouvre droit à aucune aide nationale.